Le matin des noces
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais · Le Mariage de Figaro
Tu joues
FIGARO
Dix-neuf pieds sur vingt-six.
SUZANNE
Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau : le trouves-tu mieux ainsi ?
FIGARO
Sans comparaison, ma charmante. Oh ! que ce joli bouquet virginal, élevé sur la tête d’une belle fille, est doux, le matin des noces, à l’œil amoureux d’un époux !…
SUZANNE
Que mesures-tu donc là, mon fils ?
FIGARO
Je regarde, ma petite Suzanne, si ce beau lit que monseigneur nous donne aura bonne grâce ici.
SUZANNE
Dans cette chambre ?
FIGARO
Il nous la cède.
SUZANNE
Et moi je n’en veux point.
FIGARO
Pourquoi ?
SUZANNE
Je n’en veux point.
FIGARO
Mais encore ?
SUZANNE
Elle me déplaît.
FIGARO
On dit une raison.
SUZANNE
Si je n’en veux pas dire ?
FIGARO
Oh ! quand elles sont sûres de nous !
SUZANNE
Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort. Es-tu mon serviteur, ou non ?